JE PEUX PAS, T'AS DE TROP GROS SEINS.

Au menu, une histoire d’airbags…mais pas ceux de Takata.

Véridique. C’est ce que le dernier prétendant en date a rétorqué à mon amie E, deux mois après leur rencontre, la laissant pour le moins… perplexe. Sur le coup, j’ai rigolé. Je me suis dit que c’était impossible que cela puisse être la cause de la séparation. Je la questionne sur la taille de son bonnet. Un petit D, qu’elle me répond. Je me dis alors : « Mais attend, ce n’est quand même pas un bonnet F, à quel moment c’est trop gros » ? Avec mon amie L, on était prête à intervenir et à suggérer à ce bougre de prendre un masque et un tuba, s’il craignait d’étouffer.

Et là, je comprends, et j’en ai même honte, que je suis à l’ouest. Complet. Et je sens la colère s’installer dans ma ride du lion.

D’abord, précisons le profil de l’individu : chirurgien de son état, miroitant un poste de Professeur et par voie de conséquence, pourvu d’un ego de la taille du trou de la Sécu. Un mec qui a l’habitude d’avancer dans la vie en cochant les cases de la check liste (la fameuse, on la connaît, on ne juge pas) et en réalisant des IronMan, entre 2 troisième mi-temps, capable de te faire sentir la reine de l’Univers (à condition d'avoir des seins de la bonne taille visiblement) et de te parler Histoire de France comme s’il avait du sang bourbon dans les veines, à moins que ça ne soit le Ricard de ses murges d’ado de 14 ans. Grosso modo, voici le tableau.

Ce type a donc l’immense privilège, je pèse ce mot, de fréquenter mon amie, qui est tout simplement un soleil. Un être miraculeux, doté d’une intelligence fine, d’un humour assez décapant, d’une joie spontanée, et même d’un petit zeste de folie, histoire de te réveiller dans tes journées mornes. Sans mentionner le fait qu’elle est incroyablement jolie, mais à ce stade, je me disais que j’avais déjà largué la bombe atomique sans avoir besoin d’en rajouter une couche. Ce type donc, ne peut à priori pas poursuivre la relation parce qu’elle a « de trop gros seins » ?

Halte-la José, cesse donc de nous prendre pour des jambons. Tu crois vraiment qu’on n’a pas vu qu’il y avait une autre raison ? Quelque chose de beaucoup plus difficile à dire, à admettre, à assumer ? Quelque chose qui s’apparenterait à… Une émotion ? Comme par exemple, la peur ? Il faut dire que le gentilhomme traverse depuis un an une phase de séparation houleuse, venant enfin de se solder par un divorce. Et là patatra, il a beau savoir courir vite, il ne l’a pas rattrapé. Sa vie du passé. Panique à bord, insécurité maximale.

Que l’on soit bien d’accord. Le problème ne vient pas du fait qu’il cesse la relation. La polémique vient du propos utilisé pour le faire.

Un simple « Tu es géniale, mais en ce moment je suis perdu, j’ai besoin de prendre du temps pour moi », aurait suffit. Mais bon, il faut une sacrée paire de balls ou d’ovaire pour dire un truc pareil apparemment. Au contraire, notre grand dadais, tout niais qu’il soit, pensant garder un soupçon de consistance dans cette phase merdique qu’il traverse, choisi de congédier mon amie en lui opposant un critère physique, que l’on sent être par ailleurs plus un prétexte qu’une authentique problématique. J’y vois ici une façon, peut-être inconsciente, mais tout de même, d’y apposer une forme de domination. Ce sera l’autre qui portera la responsabilité de l’issue de cette histoire. Il ne sera pas le faible, celui qui n'y arrive pas. Non, certainement pas.

Que voulez-vous que je vous dise si ce n’est que l’on a affaire à un énième looser, venant s’entasser avec les autres au sein de la FFL. Encore un avec la maturité émotionnelle d’une huître. Un lâche, qui du haut de ses 36 piges continue de penser qu’il existe des « émotions positives et négatives » et que dans tous les cas ce « petit charabia, c’est pour les pleurnichons, et que lui, il fait des IronMan, en fait, donc il est super fort, le Popeye de la chirurgie, avec sa petit zouz, son petit décolleté et son petit bonnet C ». Bah oui, il ne faudrait pas non plus que les nichons soient trop petits, c’est pas dans la check liste.

Bref, j’ai envie de dire bon débarra et merci aux airbags.

PS : on avait pourtant dit, tout, sauf un chirurgien. CQFD.

Tribulations d'une trentenaire.

Par Lucie Aventin

À propos de l’auteur de Tribulations d'une trentenaire. …

Je m’appelle Lucie, j’ai officiellement 32ans (oups, un petit plus qu’annoncé). Je suis médecin, j’aime lire et réfléchir. L’écriture est pour moi un support d’apaisement, de clarification. C’est par hasard que je me suis lancée dans cette mini aventure, d’une écriture plus publique et régulière. J’espère pouvoir ici me lâcher, et qui sait peut-être aussi vous toucher, vous faire rigoler et idéalement même vous soutenir.

Je vous souhaite à tout.e.s un joli parcours qui vous ressemble, fait de chemins détournés, de rencontres, d’heureuses surprises et de résilience.

Agréable lecture,

Lucie.

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